Le 20 janvier 2020, à 18h17 précisément, je donnais naissance à l’amour de ma vie, ma fille <3. Un accouchement plutôt facile, mais bien sûr avec quelques «péripéties» car la vie avec moi n’est jamais simple :’). Je vous amène avec moi dans cette histoire folle que j’ai vécu, soit l’accouchement :).
19 janvier, au soir
J’ai mal au ventre. Je ne saurais expliquer correctement la douleur, mais j’ai mal! Aux 10 minutes, des crampes envahissent le bas de mon ventre et de mon dos, comme si un couteau me transperçait de bord en bord. Serait-ce le début du travail? Je n’en sait rien. Tout ce que je sais, c’est que demain je me fais provoquer à cause de mon diabète de grossesse et de mon streptocoque B. Étonnement, je ne suis pas anxieuse. Je me sens même relativement bien. La douleur est inconfortable, mais c’est tolérable. Je dois me reposer car j’ai besoin de forces demain. Je ferais donc mieux d’essayer de dormir.
20 janvier, 00h30
Impossible de dormir! Les douleurs sont de plus en plus fortes, commençants à me couper le souffle. J’essaie de respirer profondément pour passer la douleur, comme je l’avait appris dans mes cours de préparation à l’accouchement. Ça aide à passer la douleur, mais rien à faire; ça reprend quelques minutes plus tard. Je me tortille de douleur dans mon lit. Je pense me faire chauffer un sac magique, ça pourrait peut-être aider. Je n’ai rien à perdre de toute façon.
3h30
J’ai réussi à dormir un peu, mais je me suis réveillée au moins 5 fois. Je n’arrive vraiment plus à dormir même si j’essaie. Je tremble légèrement et la douleur me donne des nausées. Je dois me lever à 6h car mon rendez-vous est à 7h30. J’essaie de me changer les idées, question d’oublier que j’ai mal et de potentiellement me rendormir. Ça ne fonctionne pas… je démissionne! Ma mère se lève bientôt, alors j’endure encore un peu.
5h
Ma mère se réveille enfin. Je lui dis que ça ne va pas et que je n’ai pratiquement pas dormi. Elle me confirme qu’il s’agit du début du travail. Je prends un bain et finalise ma valise, du moins j’essaie. Les contractions sont horribles… à chaque fois que j’en ai une, je me couche en boule dans mon lit, limite en pleurant. Les minutes me paraissent une éternité.
7h10
C’est un départ! J’aurais dû manger, mais impossible pour moi d’avaler quoi que ce soit. Les douleurs me donne des nausées. Ma mère et moi rentrons dans le Ford F150 de son chum, avec les deux valises et le sac à couche. Je suis un peu à l’étroit derrière et il y a tellement de nids de poule que j’ai l’impression que je vais accoucher dans l’auto! En ce moment, je déteste Montréal.
7h25
Enfin arrivées à l’hôpital! Je passe à l’inscription à l’aile des naissance. L’infirmière me dit de patienté dans la salle d’attente, qu’elle va venir me chercher le moment venu. Pour faire changement, ils sont en retard. Ça fait déjà 10 bonnes minutes que j’attends dans la salle d’attente en me tortillant dans tous les sens sur ma chaise. Est-ce qu’ils m’ont oublié?
8h
L’infirmière vient finalement me chercher. Elle m’explique que je dois passer un «monitoring» (regarder graphiquement les battements de cœur du bébé ainsi que l’intensité des contractions) de 20 minutes et que par la suite on me ferais un examen du col de l’utérus pour voir à combien je suis ouverte et dilatée. Suite à cela, ils vont me provoquer. Elle m’explique également que dans mon cas, (arthrite dans la colonne, streptocoque B et diabète de grossesse) je dois dire quand les contractions deviennent trop douloureuses pour me donné la péridurale. Dans mon cas il était préférable d’en avoir une, car j’aurais pu avoir besoin d’une césarienne en urgence.
9h, mon déclenchement
Jusqu’à maintenant, mon travail se faisait naturellement. Le monitoring étant fini, il est temps de me mettre ma perfusion d’ocytocine (hormone sécrétée naturellement par le corps pour stimuler le travail), ainsi que mes antibiotiques pour éviter que le bébé contracte le streptocoque. En environ 20 minutes, je ressentais déjà l’effet de l’ocytocine. Les contractions étaient plus fortes que celles que j’avais naturellement. IL me reste plus qu’à attendre que le médecin vienne examiner mon col.
10h30
Le doc arrive et m’examine. je suis totalement effacée et ouverte à 3. On regarde mes contractions et elle remarque qu’elles sont assez douloureuses. Elle va prévenir l’anesthésiste pour qu’il se prépare à me poser la péridurale.
Quelques minutes plus tard, prise de violentes contractions, je me tourne du côté gauche pour essayer de les faire passer. Je sens… un drôle de gargouillement dans mon ventre. J’entends un «POP!» suivi d’un gros «SPLASH»!
Moi: OH SHIIIT!
Ma mère (un peu en panique): Qu’est ce qui se passe?!
Moi: J’ai perdu les eaux!
Elle regarde mon lit et constate qu’effectivement il y a eu un déluge :o. Je suis trempée et très inconfortable. l’infirmière est venue voir si tout allait bien et je lui ai dit que je venais de crever mes eaux. Elle change mon piqué et je me change de jaquette. Je me sens moins pleine tout d’un coup!

11h
L’anesthésiste arrive avec son équipe. Ils sont tous super sympathiques! Ça me mets en confiance. Ils me montrent comment me positionner pour me poser la péri et commence à préparer son plateau.
Ce qu’on ne nous dis pas nécessairement, c’est qu’on perds les eaux plusieurs fois… Évidemment, c’est arrivé une seconde fois… pendant qu’il m’injectais anesthésie ! J’ai fais le saut et il a raté (par ma faute)… Youpie. Il a dû me piquer 3 fois avant d’y arrivé… la joie :’). J’ai pas eu mal du tout, mais savez vous à quoi ça ressemble une aiguille pour la péridurale? Voilà.

Au bout de 15 minutes, ce qui devrait être la 8ième merveille du monde faisait déjà effet! Je ne sentais plus aucune douleur! C’est de la magie en injection.
12h
Le médecin vient examiner de nouveau mon col. Ouverte à 9?! Déjà!? Tout a été tellement vite c’est fou! Elle va revenir dans une heure et, qui sait, ce sera peut être le temps de pousser?
En une heure, le col n’a pas vraiment bougé. Je suis a 9,5. Le docteur dit que le bébé s’est placé de façon à ce que les contractions n’aient aucun impact sur le col. Je dois donc aider ma fille en me couchant du côté gauche pour faire partir le reste du col.
14h
Ma sœur est venue nous rejoindre à l’hôpital. Elle voulait assister à la naissance de sa filleule. Quelques minutes après son arrivée, j’ai commencé à sentir pousser dans mon rectum. J’étais certaine de devoir aller à la toilette. Comme j’étais encore avec le monitoring, je ne pouvais pas y aller. J’ai donc enduré en me balançant de gauche a droite. J’avais l’air d’une vraie folle avec une envie de caca.
15h
Mon envie ne passe pas. Je redemande à l’infirmière en lui disant littéralement que j’allais me «chier dessus». Elle me dit que c’est la tête du bébé qui pèse sur mon rectum et que je n’ai pas réellement envie. En fait avec la péridurale je ne sens pas les contractions dans mon ventre, mais dans mes fesses! Elle me dit que c’est pour bientôt.
Quelques minutes après, elle regarde le monitoring et a l’air inquiète. Elle me demande d’essayer de me placer d’une différente façon car le cœur du bébé ne bat pas comme il devrait. Elle me l’ a demandé à plusieurs reprises. Un coup les battements stabilisés, elle est repartie.
16h
Elle revient vérifier et , cette fois, elle a l’air vraiment inquiète.
«Le cœur de votre bébé bat à 73 bpm et il devrait au moins être à 140 bpm. Peut-être que votre vessie est trop pleine. On va vous installer une sonde urinaire».
Je ne suis pas dupe. Je sais qu’elle me prépare à une éventuelle césarienne d’urgence. Mais je ne suis pas stressée. J’ai un bon pré sentiment. Ce qui me stresse c’est la sonde. Quand j’ai vu la grosseur du tube j’ai eu envie de m’enfuir en courant! Même si j’avais voulu, j’étais branchée de partout et je ne sentais plus mes jambes à cause de la péri. Finalement, ça fait vraiment moins mal qu’on pense!
Les battements de son cœur se sont un peu stabilisés, mais ça pousse de plus en plus dans le rectum. J’ai mal et la péri est un peu moins efficace. L’infirmière m’a demandé plusieurs fois si je voulais une petite dose supplémentaire par intra-veineuse et je fini par accepter.
Une chance que ma sœur et ma mère sont là! Ça me change les idées entre 2-3 «envies de chier»! Ma sœur rit un peu de moi, ce qui dédramatise la situation. On me dit de ne surtout pas poussé malgré le fait que ça pousse tout seul. J’essaie de contracter mon périnée pour pas que le bébé sorte… mission très difficile!

17h30
Le médecin revient vérifier mon col. Rien à faire, il ne bouge pas. Elle me propose donc de pousser pour faire un coup d’essaie. Elle me place les jambes dans les étriers, les doigts de façon à déplacer le bout de col et me dit de pousser quand je sens une contraction (pousser avec une sonde urinaire n’était pas la meilleure idée). Après 2 coups elle me dit qu’elle va chercher son équipe et le matériel car je suis prête à pousser! Pendant ce temps on m’enlève la sonde urinaire. L’excitation commence à monter.
On me dis de ne pas pousser le temps que le docteur arrive. Des minutes qui m’ont parues une éternité!
17h51
Je pousse enfin! Après une seule poussée, ma mère me dit qu’elle voit la tête! Ça m’encourage énormément à tout donner. Les battements du cœur du bébé recommencent à descendre, un peu. il faut donc faire vite!
18h17
Ça y est, je suis maman! Quelques secondes se sont écoulées avant que bébé ne pleure. Des secondes qui m’ont parues une vie entière. Merci mon Dieu, elle va bien! Amy-Jade pèse 5,5 lbs (2,5 kg) et mesure 18,5 pouces (46,99 cm).
Et malgré toutes ces mésaventures… du moment que ses yeux ont croisés les miens… j’ai tout oublié.
